Le soleil réchauffe les bourgeons à l’entrée du CHSLD Éloria-Lepage. À 8 heures tapant, un groupe de militaires du 22e régiment de Valcartier écoute avec attention Paterne Irakoze et Nathalie Gravel, tous deux infirmiers en prévention et contrôle des infections.

Le groupe de 25 militaires viendra assister les préposés, infirmières et professionnels au CHSLD : six à l’hygiène et salubrité, douze aux soins, six préposés et une infirmière.

«S’habiller entre les chambres, c’est long», dit d’emblée Nathalie Gravel. D’une précision méticuleuse, elle montre comment mettre et enlever l’équipement de protection individuelle pour éviter de se contaminer à la COVID-19. Paterne est arrivé de l’Institut de cardiologie de Québec il y a quelques semaines déjà.

«J’ai été formé en février à la prévention et le contrôle des infections pour la COVID-19. On savait que les besoins allaient être grands. Je suis content d’être ici pour appuyer les équipes de Montréal. Il me reste une semaine, mais si c’est possible, j’aimerais bien rester encore. Il y a beaucoup de travail à faire ici

Paterne Irakoze, infirmier à l’Institut de cardiologie de Québec

Formations, formations, formations

Avant même d’arriver sur place, les militaires ont reçu plusieurs heures de formation. «Nous avons eu cinq heures de formation avec le personnel médical militaire. Ensuite, nous avons eu des formations en ligne en lien avec la clientèle des CHSLD. Et hier, la Croix-Rouge est venue nous offrir cinq heures de formation aussi», explique l’adjuvant Alain Sirois.

Toute la matinée, les militaires apprennent le fonctionnement de l’établissement. Un groupe fait la visite des lieux pendant que l’autre apprend les rudiments de l’habillement sécuritaire. Le groupe d’hygiène et salubrité quitte la salle. Après la prévention et le contrôle des infections, c’est au tour de l’aide alimentaire avec l’ergothérapeute Annie Royer-Chavron.

Elle n’est pas formatrice, mais elle a pris la balle au bond pour expliquer comment alimenter des personnes âgées qui ont besoin d’assistance, notamment à cause d’une difficulté à avaler, la dysphagie. Ce qui peut sembler bien simple pour nous tous, avaler une bouchée de purée de pommes de terre, peut être un risque d’étouffement pour une personne dysphagique.

Une aide grandement appréciée

Annie Royer-Chavron, les mains rougies et sèches par la désinfection constante, avoue que le soutien de l’armée est un soulagement. «On a eu de l’aide du public via le site Jecontribue au début. Ça nous a permis de faire des appels aux familles. Ç’a diminué beaucoup le poids sur les épaules. Maintenant, avec le soutien de l’armée, on va pouvoir souffler un peu», avoue-t-elle.

Au dîner, on sent que les militaires ont hâte de se retrouver sur le terrain. «Nous sommes un régiment d’infanterie. C’est la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale que l’armée va travailler en milieu de soins de santé pour soigner la population locale. Malgré la tristesse de la situation, on n’a pas souvent la chance d’aider la population canadienne. Nous sommes heureux de pouvoir le faire», dit fièrement l’adjudant Alain Sirois.

Topos COVID-19 pour le personnel du CIUSSS : Retrouvez les développements du jour sur l’intranet ou de l’extérieur du CIUSSS via Extranet, sous l’onglet : CIUSSS > COVID-19  > TOPO | COVID-19

Partager cet article