J’ai rencontré Antoine dans le local des soins spirituels de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont dans le couloir menant à la cafétéria.

Ce petit local était le point de chute pour les gens qui souhaitent en savoir davantage sur les services. Des bénévoles les accueillaient. Parce que les intervenants en soins spirituels, eux, se promènent sur les étages. Maintenant, il est beaucoup mieux de compter sur le téléphone pour joindre l’équipe!

Une jeune profession

Autrefois aumôniers, généralement issus de la religion catholique, les intervenants en soins spirituels sont désormais laïcs. Ce qui veut dire qu’ils n’appartiennent pas à un dogme ou une religion en particulier. Depuis 2011, le titre d’emploi a changé d’animateur de pastorale à intervenant en soins spirituels. Il y a même une association provinciale qui regroupe tous les intervenants du Québec.

Avec un baccalauréat en théologie, Antoine Poulin écoute, accueille la personne en fonction de sa religion, ses valeurs et ses croyances. « C’est une façon d’entrer en relation avec les autres, une façon de voir la maladie, la vulnérabilité, la mort. Il n’y a pas vraiment d’outils ou d’instruments », explique-t-il.

Vers une spiritualité de la maladie

Quand la maladie frappe un individu, même si elle n’est pas terminale, elle apporte des réflexions, des questionnements. « On amène les patients à faire un bilan de leur vie, à revenir à l’essentiel, à leurs valeurs. » Si l’aspect religieux est une dimension de la spiritualité, elle n’est pas la seule.

« Le mot spirituel laisse personne indifférent dans notre monde. Par contre, la spiritualité n’est pas très présente dans notre société. Certains patients réfléchissent pour la première fois aux questions de sens de la vie. Mais les intervenants en soins spirituels ne sont pas là pour apporter des croyances ou des valeurs établies. Nous sommes là pour accompagner les patients et leurs familles dans les questionnements qu’amène leur maladie. »

Antoine Poulin, intervenant en soins spirituels à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Offrir un espace

L’intervenant en soins spirituels accompagne aussi les équipes lors de demandes particulières, comme lors du don d’organe. « C’est une zone de partage qui se situe entre la psychologie et les soins spirituels. Il y a souvent une confiance qui s’établit avec les patients. On est privilégié d’accéder au cœur de la personne », avoue-t-il, un peu ému.

Des fois, les situations sont difficiles pour les intervenants. « Ça arrive que ça nous rejoint particulièrement, comme la mort d’un bébé, par exemple. Ça peut prendre un temps pour déposer ces émotions parfois. » Dans ces moments, Antoine affirme qu’il peut compter sur sa famille pour garder le cap sur l’essentiel. « J’essaie aussi de me laisser enseigner par les patients. C’est un cadeau d’avoir leur sagesse, les enseignements de leur vie. »

Au-delà des confidences

Il arrive parfois que, dans la confiance établie entre l’intervenant et le patient, des confidences se délient. « On les écoute attentivement pour que la personne sente qu’elle a été entendue et qu’elle ne se sente pas seule avec ses confidences », mentionne-t-il, tout bas. Il s’assure d’accompagner la personne dans son message à transmettre, dans l’héritage spirituel qu’elle souhaite laisser…

Si la solitude fait partie de la fin de vie, Antoine constate aussi quotidiennement la beauté de la réconciliation, de la générosité sans borne. « Je crois aux miracles. Il y en a tous les jours ici… »

Ajout 20 août 2019 : Les soins spirituels sont offerts aussi dans 13 des 15 CHSLD du territoire par six intervenants en soins spirituels, en plus de ceux travaillant dans nos hôpitaux.