Dialyse à domicile

Depuis que le projet Dialyse péritonéale assistée à domicile a gagné un prix lors de l’Activité de reconnaissance de la Direction adjointe du continuum de services clientèles SAPA, j’étais curieuse de savoir comment ça se passe sur le terrain. J’ai donc rencontré deux infirmières pour en savoir plus…

Marie Pier Chevrier est infirmière du soutien à domicile à Pointe-aux-Trembles. Je l’ai rencontrée chez M. Marchand, un des premiers patients à recevoir la dialyse péritonéale assistée à domicile. Depuis presque un an, M. Marchand n’a plus besoin de se rendre au centre de dialyse de l’hôpital plusieurs fois par semaine.

Une amélioration de la qualité de vie

«C’est difficile de devoir sortir, surtout l’hiver. En plus, c’est fatiguant», explique sa conjointe, Mme Marchand. Elle a été formée pour aider son mari à recevoir tous les soins nécessaires à sa condition, dans le confort de leur appartement de Pointe-aux-Trembles.

Mme Marchand était nerveuse au départ. «Je trouvais ça compliqué, j’avais peur de me tromper. Mais on m’a rassuré et j’ai vite appris la routine.» Depuis quelques mois, Marie Pier Chevrier se déplace seulement 30 minutes par semaine chez les Marchand. Elle remplit les feuilles de suivi, s’assure que M. Marchand est en bonne santé en prenant ses signes vitaux. Elle prend aussi le temps de discuter avec Mme Marchand pour s’assurer qu’elle n’a pas de questions.


Vers l’autonomie des soins

Mme Bourque reçoit la dialyse péritonéale assistée à domicile depuis un mois. Dans son appartement de Rivière-des-Prairies, elle doit faire les manoeuvres de dialyse quatre fois par jour. «C’était une formation de 16 h, mais c’est tellement plus agréable d’être chez soi. À la dialyse à l’hôpital, on a froid, on est fatigué. Ici, je suis chez moi.»

Marie-Claude Lavoie, infirmière à domicile au CIUSSS, l’accompagne depuis les dernières semaines. Elle est d’ailleurs impressionnée par le degré d’autonomie que Mme Bourque a pris rapidement. Marie-Claude visite Mme Bourque 30 minutes par semaine après seulement un mois de dialyse à domicile. «Au début, on vient souvent pour s’assurer que les patients sont confortables avec toutes les étapes, surtout pour l’environnement stérile», explique la professionnelle.


Une nouveauté en soutien à domicile

Depuis près de deux ans, ce nouveau programme de dialyse péritonéale assistée à domicile permet à des patients de regagner une certaine autonomie malgré la maladie.

Les traitements de dialyse péritonéales sont offerts 365 jours par année. Il faut toujours une infirmière formée disponible. La formation des infirmières est d’ailleurs un enjeu majeur. «On a quatre formations par année. On réussit à former douze infirmières par formation, donc 48 infirmières par année», explique Martin Caya, chef de service de l’équipe SAD-SAPA au CLSC de l’est .

Pour l’instant, il y a un peu moins du quart des infirmières du soutien à domicile qui sont formées pour la dialyse péritonéale. «Le but est que toutes les infirmières soient formées pour augmenter le nombre de patients suivis en dialyse à domicile», ajoute M. Caya.

«Lorsqu’il y a un suivi à domicile, il y a une diminution des infections des patients à domicile. Donc, ça réduit aussi le nombre d’hospitalisation.» Il y a bien sûr l’enseignement à l’hôpital qui est important pour les patients dialysés. «Nous sommes un entre-deux qui permet aux patients d’avoir une certaine autonomie tout en continuant d’avoir les soins de santé dont ils ont besoin.»

La dialyse péritonéale

Cette forme de dialyse consiste à injecter du glucose dans une partie de l’abdomen où se trouve le péritoine. Cette membrane joue le rôle de filtre que feraient normalement les reins. Par osmose, le glucose absorbe les déchets et le liquide qui n’est pas filtré par les reins qui ne fonctionnent pas à pleine capacité. Le glucose chargé de déchets et de liquide est retiré avant la prochaine infusion de glucose.

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