Nous donnons rendez-vous au Dr Albert Chiricosta à l’hôpital Santa Cabrini un bon jeudi après-midi d’août. Il a passé, dans cette institution, 44 ans de sa vie comme médecin-spécialiste et 15 ans à titre de directeur des services professionnels.  Dès que nous le rencontrons, on devine un homme sincère et bienveillant.

Esprit de famille

Quelques pas à peine en sa compagnie vers le local pour cette entrevue, voilà qu’un homme à l’entretien ménager l’interpelle d’un ton amical «Hé Albert!». Dr Chiricosta le relance aussitôt «Edward! Comment vas-tu?».

Une rencontre spontanée qui lui remémore la fraternité et l’esprit d’équipe qui ont toujours régné dans ce centre hospitalier.

 «On est une famille tissée serrée à Santa Cabrini. Les médecins, les infirmières, le personnel de l’entretien ménager, des cuisines, des buanderies, etc. On se connait tous! Les gens restent des années ici. Ils sont fiers de travailler pour cet hôpital.»

Des rencontres marquantes

«Tous mes souvenirs ici, ce n’est que positif. J’ai eu une vie professionnelle extrêmement agréable.»

Retraité depuis 2011, Dr Chiricosta nous plonge dans ses souvenirs, à l’époque où tout a commencé.

«J’ai commencé ma carrière à l’Hôpital St-Mary’s. C’est le chef de la chirurgie générale à Santa Cabrini, qui l’était aussi à St-Mary’s, qui m’a dit que Santa Cabrini cherchait un urologue qui parlait italien. Au départ, ça ne m’intéressait pas de faire deux hôpitaux. Il m’a convaincu. J’ai commencé une journée par semaine, puis deux journées, etc. J’ai été rapidement impliqué sur l’exécutif du CMDP, puis dans l’administration.»

Pendant dix ans, Dr Chiricosta a travaillé sans relâche jour, nuit et soir dans ces deux hôpitaux, pour finalement faire un choix. Celui de Santa Cabrini à temps plein.

«C’est mon implication dans l’administration avec Sœur Élia qui a fait toute la différence! Elle était la gestionnaire de l’hôpital à l’époque. Une femme super intelligente, elle savait ce que c’était un hôpital, comment ça fonctionnait. Elle ne marchait pas dans les corridors, elle courrait (rires). C’est elle qui m’a demandé de lui donner un coup de main dans l’administration. Ça ne devait durer que quelques mois, ça a duré finalement 15 ans. Elle est devenue une amie, je me suis attachée à elle.»

Une autre rencontre marquante est celle du Dr Martinez, aussi urologue, avait qui il a pratiqué 35 ans.

«Dr Martinez et moi nous étions comme deux frères! En fait, on ne formait qu’un! On s’entendait bien, on avait les mêmes idées, la même vision. Nos patients venaient ici, que ce soit lui ou moi, pour eux il n’y avait pas de différence.»

Sa plus grande fierté

En 1976, Dr Chiricosta co-fonde la Fondation de l’Hôpital Santa Cabrini. Un projet pour lequel il est particulièrement fier. «C’est la plus importante réalisation que j’ai pu faire dans cet hôpital», dit-il sans hésitation.

45 ans plus tard, Dr Chiricosta y est toujours impliqué comme vice-président et membre honoraire. Jamais, il n’a manqué une seule réunion.

«La Fondation, elle amasse des sous. Elle a aussi un grand rôle pour préserver la mission de l’hôpital, son identité. Grâce à la Fondation, la communauté italienne s’est impliquée de plus en plus au sein de l’hôpital et ça a permis de créer un fort sentiment d’appartenance envers cette institution et bien plus qu’avant son existence.»

Renouer avec ses racines

Dr Chiricosta est né à Montréal d’une mère italienne immigrante. Lui, ses trois sœurs et sa mère ont vécu dans la communauté anglophone de la métropole. Son passage à Santa Cabrini est une grande réalisation professionnelle, mais elle l’est aussi sur le plan personnel.

«Ça m’a permis de me rapprocher de mes origines, que je ne connaissais pas particulièrement. Avant de venir à Cabrini, je n’avais aucun contact avec la communauté italienne. Je me suis profondément attaché à mes patients. Définitivement, ça m’a permis de développer une fierté envers mes racines.»

Souhait d’anniversaire

Pour les 60 ans de l’Hôpital Santa Cabrini et les 40 ans du Centre d’accueil Dante, Dr Chiricosta souhaite que ces institutions conservent leur esprit familial unique. Celui qui a toujours existé.

«Quand on a le sentiment d’appartenance à un hôpital, ça veut dire que tu fais ce que tu dois faire pour t’assurer que ton institution soit la meilleure. Et c’est ce qu’on faisait. Et c’est ce que je souhaite qui se poursuive.»

Suivez les portraits des bâtisseurs de Santa Cabrini dans le cadre des festivités du 60e anniversaire.

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