Cachée dans le couloir moderne entre les pavillons Maisonneuve et Rachel-Tourigny de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, une porte mène vers le futur et l’espoir. L’espoir de traiter ce qui était encore impossible de traiter il y a à peine 30 ans : le cancer.

Depuis 1980, l’HMR fait des greffes de cellules souches, l’un des premiers à le faire au Canada. Le Centre d’excellence en thérapie cellulaire (CETC) du Service d’hématologie-oncologie de l’HMR est un des laboratoires en thérapie cellulaire les plus avancés au monde. Ainsi, la recherche et les opérations cliniques travaillent main dans la main pour offrir les meilleurs traitements personnalisés aux patients.

Quand on descend l’ascenseur, on arrive dans un couloir du sous-sol de l’hôpital. La propreté des lieux est remarquable. Les gens se promènent en sarrau blanc. Ce qu’on s’attend d’un laboratoire quoi! Mais la magie s’opère quand on comprend ce qui s’y passe. Dans les salles blanches, les technologistes, habillés selon le niveau de risque de contamination des cellules souches, manipulent les cellules souches prélevées des patients traités quelques étages plus haut. Personne ne peut entrer dans ces salles si on est malade, même pas un simple rhume.

Des médicaments vivants

Un prélèvement de moelle osseuse permet d’obtenir des cellules souches. Ces cellules ont la propriété de se renouveler rapidement. Ainsi, on les multiplie en laboratoire pour en avoir plus et on les injectera comme traitement. On peut aussi éduquer le système immunitaire pour lui apprendre à reconnaître et à éliminer un virus ou une tumeur cancéreuse. Les cellules souches servent aussi à réparer des cellules malades en injectant des cellules jeunes et saines.

« On fonctionne comme une compagnie pharmaceutique, avec les mêmes exigences. La différence, c’est que les médicaments sont des cellules souches, personnalisées aux besoins du patient », explique Martin Giroux, chef scientifique et administratif du service de thérapie cellulaire. Donc, le médicament est vivant et se régénère. Si le patient ne peut recevoir sa greffe, le médicament est conservé. Mais il ne peut servir à un autre patient. C’est de la médecine personnalisée.

Dans une autre salle, on entrepose les cuves qui gardent les cellules souches. À une température de – 185 degrés Celcius, les cellules souches et les produits dérivés qui seront injectés aux patients gardent toutes leurs propriétés de soldats guérisseurs. On utilise l’azote liquide pour refroidir les cellules dans les cuves.

On y entrepose aussi le jus à prolifération de cellules souches, un liquide pour faire croître les cellules. Tous les appareils sont en double, en cas de défaillance. Ce système est en place pour éviter de perdre ces précieuses cellules.

Ensuite, vient la section du contrôle de la qualité. Évidemment, les traitements doivent être de qualité et vérifiés avant d’être injectés à un patient. Ainsi, sous le microscope, on compte le nombre de cellules saines pour s’assurer d’avoir un nombre suffisant pour procéder à une greffe.

Depuis 1980, c’est plus de 4 000 greffes de cellules souches qui ont été faites à l’HMR. Un traitement de dernier recours lorsque tous les autres traitements, comme la radiothérapie et chimiothérapie, ont échoué.

L’avenir de la thérapie cellulaire

Si la thérapie cellulaire est utilisée aujourd’hui pour traiter de nombreux cancers avec succès, d’autres applications pourraient mener à soigner et guérir des maladies cardiaques comme un infarctus ou l’insuffisance cardiaque, les désordres neurologiques comme le Parkinson, l’Alzheimer, les AVC.

On peut penser aussi faire croître des cellules souches pour régénérer des organes abîmés par la maladie comme les yeux, les cartilages, en plus de pouvoir offrir de l’espoir aux patients vivant avec des maladies auto-immunes comme le diabète ou l’arthrite rhumatoïde.

C’est 45 personnes qui travaillent au CETC pour assurer un traitement à ces patients qui voient une lueur d’espoir au bout du tunnel de la maladie.