Dans mes recherches sur les installations, je me suis attardée longtemps à Éloria Lepage. Il était difficile de trouver de l’information historique sur cette femme. C’est en discutant avec sa petite-fille, Johanne Lepage, que j’ai compris pourquoi!

Éloria Lepage, née Duhamel, s’est installée à Montréal, avec son mari Arthur Lepage, en 1908. Ils ont habité une maison dans Hochelaga avant de bâtir une petite maison sur Lacordaire. Johanne Lepage habite toujours le même quartier. «Je demeure dans la maison que mon père a bâti.»

«Au début des années 1980, quand Camille Laurin, député du coin, a annoncé le budget pour construire un centre d’accueil, il voulait le nommer en l’honneur d’une femme qui a élevé ses enfants dans la paroisse. Il voulait mettre l’histoire des gens ordinaires de l’avant», explique Johanne. Sa soeur faisait de la politique avec Dr Laurin et c’est ainsi que le nom d’Éloria Lepage a été proposé.

La famille d’Éloria Lepage lors de la première pelletée de terre du Centre d’accueil Éloria-Lepage dans les années 1980.

Une famille engagée

Éloria Duhamel est née en 1886. Elle s’est marié à Arthur Lepage, à Sorel, le 15 octobre 1906. Elle a eu sept garçons et deux filles qu’elle tentait de protéger des vices, de la guerre et des autres menaces de l’époque. Johanne n’a pas connu sa grand-mère. Elle est morte en 1959, un an avant sa naissance.

Éloria s’impliquait dans la paroisse par le bénévolat. «Avant de se marier, elle était religieuse», mentionne Johanne. Arthur Lepage octroyait les permis commerciaux dans le quartier. «Il a été aussi fondateur de la Caisse populaire Notre-Dame-des-Victoires. Ils n’étaient pas pauvres. Ils ont acheté des terrains qu’ils ont subdivisé et revendus, mais ils n’étaient pas riches non plus», commente Johanne.

Le père de Johanne, Almanzor, est le troisième né des enfants d’Éloria et d’Arthur. «Pendant la guerre, mon grand-père a ouvert un petit dépanneur-restaurant pour que ses fils y travaillent.» Arthur a aussi refusé un permis de taverne à un entrepreneur du coin, de peur que ses garçons s’y retrouvent un peu trop souvent. «Le couple était très protecteur de ses enfants.»

Éloria et Arthur Lepage ont eu neuf enfants, 31 petits-enfants et de nombreux arrière-petits-enfants.

Johanne Lepage contribue, elle aussi

Retraitée depuis quelques années, Johanne a levé la main lors de l’appel du premier ministre Legault au tout début de la pandémie. «Je me suis inscrite à JeContribue et je travaille au CIUSSS depuis mai 2020. J’ai débuté au site non-traditionnel du centre-ville, pendant un mois. Ensuite, j’étais l’agente COVID aux soins intensifs à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. J’ai aussi aidé les visiteurs avec les équipements de protection individuelle. J’ai passé trois mois en clinique de vaccination contre l’influenza. Depuis janvier, je donne des rendez-vous aux employés pour la vaccination COVID », raconte la femme de coeur.

«J’ai été bouleversée par l’impact de la première vague. J’aime le contact humain alors je n’ai pas hésité à aller aider à mon tour. On était bien équipé. Je n’avais pas peur de l’attraper.»

Doublement vaccinée, elle est fière de le dire d’emblée. «Ç’a jamais été un doute dans mon esprit si j’allais me faire vacciner. Je me suis moi-même donnée un rendez-vous, dès que j’ai pu!»

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