img-logo-QcCIUSSS-2-02@2x

Une douzaine d’yeux dans le frigo

La passion d’une profession se transmet parfois de génération en génération. C’est ce qui est arrivé à Dre Francine Mathieu-Millaire, neuro-ophtalmologiste à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Dre Mathieu-Millaire est un témoin privilégié de l’évolution de la science des yeux. Son grand-père, Charles Théodore Mathieu, était ORLO (oto-rhino-laryngologiste-ophtalmologiste) à l’Hôpital Saint-Luc. Son père, Michel Mathieu, a fondé le département d’ophtalmologie à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

« Mon père m’a transmis sa passion. Il voulait s’occuper seulement des yeux. Son père trouvait ça petit comme spécialité. Il disait qu’il n’arriverait jamais à en vivre », lance-t-elle à la blague.

La passion dans le sang

Pour se spécialiser en greffe de la cornée, Michel Mathieu est allé en France, notamment à Nantes. Et sa fille Francine était du voyage. « Mon père était un humaniste. Il est allé en médecine pour soigner les gens, pour leur faire du bien. Il avait un réel amour de sa profession. »

Quand elle était petite, Dre Mathieu-Millaire transportait la trousse de son père et allait travailler avec lui. « Il travaillait beaucoup. La seule façon de le voir, c’était de le suivre à l’hôpital. Je voulais être comme lui. Ses patients étaient tous reconnaissants de son travail. » Elle se souvient même que sa mère était inquiète de ses absences parfois. « Il était toujours à l’hôpital. Ma mère appelait parfois l’agent de sécurité de l’hôpital pour savoir s’il était encore là-bas. »

Fondation du département d’ophtalmologie

À sa fondation, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont recrutait des médecins spécialistes dans tous les domaines. Michel Mathieu, qui travaillait à l’Hôpital Saint-Luc, a été approché pour fonder le département d’ophtalmologie.

Il a fondé la banque d’yeux qui existe encore aujourd’hui à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Il analysait les yeux pour en comprendre les pathologies. « On n’avait pas une douzaine d’œufs dans le frigo, on avait une douzaine d’yeux dans la porte du frigo. Mes frères et sœurs n’aimaient pas ça. Moi j’ai toujours trouvé ça drôle. »

La fille de son père

Au début de sa carrière, Francine Mathieu-Millaire a dû se faire un nom. «J’étais la première femme en chirurgie ophtalmique. J’ai passé les premières années de ma carrière à prendre des rendez-vous pour mon père. Les gens voulaient le voir, lui. J’ai dû montrer que j’étais capable de faire le travail comme un homme à une époque où les femmes étaient très peu présentes comme médecin dans les hôpitaux. »

Comme elle ne voulait pas être seulement la fille de son père, elle a décidé de ne pas suivre sa trace dans la spécialité de la greffe de la cornée. C’est la raison pour laquelle elle a choisi la spécialité de la neuro-ophtalmologie.

Lorsqu’on lui demande ce qu’est la neuro-ophtalmologie, Dre Mathieu-Millaire dit : « L’œil est le plus bel appareil photo, le plus sophistiqué. Moi je m’occupe de l’ordinateur. Si les yeux peuvent voir comme une caméra, il faut une connexion à un ordinateur pour assurer que les images soient développées correctement.»

Ce texte a été publié le 30 avril 2019

Vous pourriez aussi aimer

Élaine côtoie la vulnérabilité de la vie

Depuis presque 15 ans, Élaine Desmarais accompagne des patients aux soins palliatifs de l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale. Une pratique basée sur l’approche humaine qui développe une grande sagesse… «Les patients nous apprennent la fragilité de la vie. J’apprécie davantage les petits moments. Je relativise les obstacles de ma vie depuis (...)

Geneviève prévient les infections en CHSLD

Geneviève Lavallée est infirmière dans l’Est depuis 2004. Elle travaille comme conseillère en prévention et contrôle des infections depuis 2007. Si les deux dernières années ne sont pas représentatives de son travail, elle reste tout aussi passionnée. Après avoir été assistante au supérieur immédiat (ASI) dans les centres d’hébergement de (...)

Balado 3 – Les quatre saisons de la pandémie

Pour le troisième épisode du balado Les quatre saisons de la pandémie, on avance dans le printemps. Le 6 avril 2020, Joëlle Rancourt, spécialiste en procédés administratifs à la Direction de la qualité, de l’évaluation, de la performance et de l’éthique, est officiellement guérie de la COVID-19. Une expérience qui (...)